Récit de voyage : Alain et Matthieu le long des côtes Françaises

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30.08.2017

Alain et Matthieu le long des côtes françaises

Nos deux pilotes Alain et Matthieu ont eu la chance de pouvoir faire une belle escapade le long des côtes françaises du 3 au 5 juillet 2017. Leur objectif : suivre le littoral français depuis Boulogne jusque Biarritz. Si les plans initiaux ont été chamboulés pour cause de météo, ils ont quand même réussi à faire un beau voyage. Voici leur récit.

JOUR 1 : C'est parti pour Avranches avec escale au Touquet

Rendez-vous pour à 09:00 h au club pour préparer l'avion, prendre les NOTAMS et la météo. Petit coup de déprime à cause de la météo sur la Lorraine. Il va falloir attendre pour partir, car il est prévu que tout ça se lève vers 13:00 h. En effet, la situation s'améliore et  nous pouvons finalement partir vers 13:30 h. Néanmoins, le temps sur le Touquet est encore incertain. Déroutement prévu sur Merville si jamais les conditions ne sont pas bonnes.

Pas grand chose à raconter sur cette branche, qui n'est pas la plus intéressante. Nous arrivons à 10 mn des côtes du Nord, et nous voyons arriver un front nuageux vers nous. Nous essayons de descendre un peu, et voyons que ça ne passera pas. Un anglais en provenance de Leeds demande la météo au Touquet. "Overcast 300 ft". Blanc dans la radio. "say again ?". "Overcast 300 ft". Il fera finalement demi-tour. Cela nous confirme dans notre décision de ne pas insister.

Nous déroutons donc sur Merville. Un avion est dans le circuit. Il s'annonce en base, nous sommes quasi en fin de vent arrière et n'avons pas de visuel. Nous démarrons des 360 avant de comprendre qu'il a fait une très trèèèèèèèès longue vent arrière et se trouve donc encore devant nous. Nous vérifions sur la VAC, nous étions bien dans le circuit de piste publié. Finalement pas de souci, nous laissons le numéro un se poser et prenons sa suite. Posé, pas cassé, nous mettons l'avion au parking. Par chance, la belle-famille de Matthieu habite dans le coin, l'hôtel et le taxi ne coûterons pas grand chose !

 

JOUR 2 : Grosses branches en perspective avec Merville-St-Brieuc et St-Brieuc Quiberon

Après une soirée bien agréable,  le réveil s'avère maussade. Barrière de nuages sur la Picardie, Pas d'amélioration significative prévue avant le milieu d'après-midi, le moral en prend un coup. Ayant une voiture à disposition, nous décidons d'aller voir les falaises du cap Blanc-Nez près de Boulogne. Le temps de faire l'aller-retour, et c'est déjà le début d'après-midi. Les conditions météo sont marginales sur la Picardie. Comme il fait beau à Merville, nous décidons finalement de décoller et d'aller voir, quitte à faire demi-tour si besoin. Nous avancons vers les nuages et descendons au fur et à mesure jusqu'à 1000 pieds sol avec une bonne marge sur la couche comme l'exigent les règles de vol à vue. Nous commencons à planifier le déroutement vers l'intérieur des terres à notre gauche où le ciel est bien bleu, Quand nous passons sous le front juste avant Dieppe, grand soleil de l'autre côté, nous ne verrons plus un nuage du voyage. Ce qui se dirigeait vers un fiasco, prend une tournure bien plus sympathique. Etretat, les plages du débarquement, Deauville... Magnifique. Nous suivons scrupuleusement la presqu'île du Cotentin. Etant donné le retard pris, nous décidons de ne pas stopper à Avranches mais à St-Brieuc. Le temps désormais propice et le retard accumulé nous poussent à avancer. Le tour du Mont St Michel est effectué (hélas plus aussi proche qu'avant, espace P oblige), nous passons au dessus de l'estuaire de la Rance du côté de Saint-Malo. Nous ne savons plus où regarder. Alain pose avec brio le D-EPPL à Saint-Brieuc, le vent étant turbulent il a fallu batailler pour maintenir les paramètres. Le pilote se permet même un kiss landing des familles.

Le temps de refueler, faire la pause technique, et c'est reparti. Destination Quiberon. Nous ne savons pas encore que nous allons faire la plus belle branche du voyage. Rapidement, le contrôleur de Rennes nous fait passer avec les militaires de Landivisiau. En regardant la carte, on voit du rouge, du rouge, du rouge. Les zones P ont été repérées avant notre départ de St-Brieuc, mais nous espérons ne pas trop avoir à dévier à cause de l'activité des différentes zones R. Le contrôleur nous souhaite la bienvenue et nous demande ce que nous voulons faire. "Longer le littoral tout le tour de la Bretagne". "Quelle altitude ?". "Euh... 1500 ft ?". "Approuvé, rappelez Le Conquet". Moment de flottement lorsque nous cherchons le Conquet sur la carte. C'est tout au bout de la Bretagne en fait. Nous allons pouvoir longer le littoral à basse altitude sans jamais être embêtés. Le pied. Car nous en prenons plein les yeux. Les eaux sont turquoises, les rochers se jettent dans l'écume, les petits ports bretons sont magnifiques. Inoubliable. Petite vidéo avec la GoPro sur la pointe du Raz, et nous sommes déjà en train de longer la côte sud de la Bretagne. Quiberon en vue. Magnifique moment avec le soleil couchant, l'eau turquoise et la piste à quelques mètres de la mer. Certains comparent la piste à un "porte-avion", et c'est vraiment cela. C'en est même déroutant pour Matthieu qui a du mal à estimer sa hauteur au dessus de la mer. Un peu trop haut, un peu trop vite, ce sera finalement une remise de gaz. Alain ne s'en plaint pas, car la vue est magnifique au couchant. Le deuxième passage est le bon pour Matthieu, on dégage à mi-piste pour le parking. Nous trouvons un sympathique directeur de camping qui nous emmène en navette jusqu'à l'hôtel où nous mangeons avant d'aller tremper nos pieds dans la mer. Nous allons nous coucher la tête pleine de belles images après avoir rempli les papiers de l'avion, car il reste trois grosses branches pour le lendemain: Quiberon-Royan Royan-Auxerre et Auxerre-Haguenau

 

JOUR 3 : La côte jusque Royan et retour à Haguenau.

Départ 08:30 h le lendemain matin pour Royan. Finalement, à cause du retard perdu il ne sera pas possible d'aller jusque Biarritz. Hé oui, il faut retourner bosser le lendemain. Toutes les bonnes choses ont une fin. Néanmoins, nous sommes bien décidés à profiter à font de cette dernière journée. A peine décollé, nous survolons le golfe du Morbihan, magnifique. Guérande, Pornic, Noirmoutier,  les Sables d'Olonne... Nous survolons tellement de lieux connus que nous ne savons plus où donner de la tête. Nous passons au dessus de l'île de Ré, du fort Boyard, de l´île d'Oléron. C'est le moment où nous nous rendons compte qu'il va falloir penser à quitter le littoral pour rentrer. La mort dans l'âme, nous nous posons à Royan. Un grand frère de D-EPPL est garé sur le parking: un magnifique Piper Malibu. Matthieu monte à la tour payer la taxe. Les pilotes (professionnels) du Malibu sont en train de discuter avec le contrôleur. Ceux-ci lui balancent en rigolant "nous venons de payer 1400 euros de taxe, vous allez le sentir passer". Matthieu devient blanc, le contrôleur hilare lui réclame alors la somme inflationniste de... 5 euros 40. Ouf, nous pouvons repartir direction Auxerre.

Rien de spécial à dire sur cette branche, nous traçons tout droit pour revenir au plus vite, le coin n'étant pas particulièrement beau à survoler. Refuel à Auxerre, et c'est parti pour la dernière étape. RAS également sur cette branche, nous nous approchons de St-Dizier et espérons voir un Rafale. Le contrôleur annonce à un autre avion le décollage imminent d'une patrouille. Le pilote demande en rigolant s'il peut faire des ronds pour les voir passer. Le contrôleur ne l'entend pas de cette oreille. Nous ouvrons les yeux pour apercevoir la patrouille mais nous ne verrons rien.  Nous nous abstenons de passer au dessus d'une zone P pour les attirer vers nous et continuons vers Haguenau. Le posé est une formalité. Nous lavons l'avion au jet car avec 3 jours de vol sans passer au lavauto,  D-EPPL est couvert de moustiques. Il le mérite bien, car il a été parfait tout au long de ce voyage. Fiable, stable et confortable que demander de plus ?. Il est temps pour nous de ranger l'avion au hangar, créditer le compte pilote, et de faire le bilan :15 heures de vol, 7 coca zero, une bouteille de Quézac, une super aventure entre copains, et des images inoubliables dans la tête. Vivement l'été prochain !